2012-01-07

Eglise Saint Quiriace

Église Saint Quiriace

D'après le premier texte officiel "le Privilège de Richer", daté de 1062, le Comte Eudes fonde la collégiale Saint Quiriace entre 1019 et 1032.Lors de l'arrivée du comte Henri le Libéral au pouvoir, en 1157, pour les chanoines de Saint Quiriace, l’église est trop petite et présente des inconvénients.



En 1161, Henri le Libéral multiplie ses dons, en 1176 il l'exempte d’impôts et lui octroie la collecte d'impôts, des terres, des villages entiers, des serfs... Les travaux du nouveau bâtiment sont conduits rapidement jusqu’à la pile-forte qui sépare le sanctuaire du chœur. 

Le chœur est mis en place, son ampleur est proportionnelle au nombre de chanoines prévu qui aurait dû être de cent, mais qui ne fut jamais que de quarante.La mort d’Henri le Libéral va survenir en 1181, on terminera les parties commencées et le chœur étant abrité, on y célèbrera les offices. 



C'est un cas unique de déambulatoire carré mais de chœur en hémicycle, qui a apporté des complications dans l’ordonnance des voûtes.

Selon le mode de construction, les piles sont montées au niveau du départ des voûtes et on procède ensuite à la mise en place de la charpente de bois, afin de protéger les voûtes très lentes à sécher qui sont installées ensuite.La voûte du chœur, octopartite est mise en place. On retrouve cette forme de voûte uniquement dans la région, à Voulton et à Ferrière en Brie.Le triforium qui court autour du chœur et du sanctuaire était ouvert sur les combles. 

On montera les murs du transept. Selon les habitudes des constructeurs, on amorcera en même temps, le clocher-porche à l’autre bout de la place du cloître.

Il était prévu pour cette nef imaginée grandiose, une longueur de 8 travées, 6 n’ont jamais vu le jour. Au XVI, on va se résoudre à clore définitivement la nef, en installant une façade qui achèvera misérablement l’œuvre entreprise. Ce pignon sera orné de pierres sculptées et une immense fenêtre sera ouverte dans le tympan où se découpera une statue. La nef sera couverte d’ardoise. Une statue de Sainte Hélène couronnera ce pignon. 

Vue extérieure du transept sud 

Déambulatoire

En 1625, par précaution, on va murer les deux immenses fenêtres de la façade (état actuel). En 1662, les parties hautes seront incendiées à cause d’un ouvrier. Les travaux de restauration sont entrepris de suite, ils dureront deux ans. On refait presque tout comme auparavant sauf la grande croisée d’ogives qui sera remplacée par un dôme couvert d’ardoises selon la mode en vogue. A partir de 1760 une grande campagne de travaux va mettre cette église au goût du jour sans pour cela être une restauration heureuse. En effet, le sol rendu inégal, à cause de tombes, est arasé et carrelé, les anciens vitraux jugés trop sombres vont être mis en blanc pour un plus grand apport de lumière.L’autel ainsi que des stalles de style Louis XV seront installés pour remplacer ceux du Moyen Age jugés trop vétustes. En 1773, le dôme tombant en ruine est restauré. La Révolution mettra fin à l’existence de cette collégiale. En 1836, la coupole et la lanterne demandant une reconstruction, ils seront refait en zinc. Autel et stalles Louis XVLe dôme actuel a été refait dans les années 50, en zinc, suite aux bombardements alliés, à l'occasion de la libération de Provins.



D'après: Provins: les monuments religieux / Marquise de Maillé; Chartres: Jacques Laget: Librairie des arts et métiers, 1975.

Source : http://fete-moisson-provins.org/saint_quiriace.aspx

Histoire de la ville de Provins 6

Thibault le Chansonnier


Le 24 Mai 1201, Thibault V Comte de Champagne et de Brie succombe un mois avant son départ pour la quatrième croisade prévu à la Saint Jean. Il était le second fils du Comte Henri le Libéral et de la Comtesse Marie, et l’époux de Blanche de Navarre qui mit au monde un fils le 30 Mai 1201 : Thibault le Posthume qui deviendra Thibault le Chansonnier.

Baptisé à l'église Saint Quiriace de Provins, son parrain fut Philippe Auguste, roi de France qui l’éduqua à la cour. Il y fut confié aux bons soins de la reine Blanche de Castille, cousine de sa mère. La Comtesse Blanche assura la régence du Comté avec habileté et perséverance. Alors qu’on préchait la guerre contre l’hérésie des Albigeois, les foires étaient la source de prospérité de Provins. Les Templiers y étalaient leur richesse et des Juifs s’y réfugiaient.

Il semble que Thibault le Posthume ait pris l’administration de ses états en 1221.Le jeune Comte était beau et bien fait, mais d’un embonpoint excessif. Il avait un caractère faible et indécis, s’abandonnant à l’impression présente sans songer au passé, ni à l’avenir. Il n’était pas guerrier à venger une insulte avec une épée. Il était de nature mélancolique, plutôt faite pour chanter l’amour que pour gouverner un royaume.

En 1223, il épouse Agnès de Beaujeu, cousine du futur Louis IX qui fut sa compagne de jeux à la cour de France. Le jeune Comte accompagna le roi Louis VIII le Gros et ses troupes en croisade contre les Albigeois en 1226. Après la prise d’Avignon et ses quarante jours de service obligatoire, Thibault émis le vœu de se retirer. Malgré le refus et les menaces du roi, le Comte regagna sa province, laissant seul le roi qui mourut peu de temps après. Tous soupçonnèrent Thibault d’empoisonnement, si bien que Blanche de Castille, la régente lui fit interdire l’entrée de Reims lors du couronnement du jeune Louis IX (Saint Louis).Eglise Saint Quiriace à Provins où Thibault IV fut tenu sur les fonds baptismaux en 1201 par son parrain Philippe Auguste. Thibault rassembla autour de lui quelques « Barons » formant une ligue contre le royaume, mais les trahissant, il se rendit rapidement auprès du roi et se soumit.

Après le décès d'Agnès de Beaujeu, un mariage fut convenu entre Thibault, cherchant la réconciliation, et Yolande, belle et riche fille du Duc de Bretagne. Cependant, une missive de la reine Blanche de Castille eut suffisamment d’influence sur lui pour le dissuader.

En 1230, la ligue formée par Thibault se tourna contre lui, soutenue par l’Angleterre. La Champagne fut assaillie de toutes parts plusieurs villes furent incendiées, notamment Epernay, Vertus, Sézanne. Le Comte se réfugia à Provins. L’intervention du roi de France préserva le reste du Comté des dévastations. Le Comte se décida alors à entourer la Ville Basse de Provins de fortes murailles pour compléter celles qui existaient déjà. En même temps, moyennant finance, il confirma, le statut de commune et les privilèges de la ville de Provins, octroyés par son aïeul Henri le Libéral.

En 1232, il se maria à Marguerite, fille d’Archambaud de Bourbon, connétable de Champagne.

En 1234, Thibault reçut la couronne de Navarre, après la mort de Sanche le Fort, son oncle, frère de sa mère Blanche de Navarre.Thibault, riche et puissant Comte de Champagne, était haï de toute la noblesse à cause de ses trahisons, ainsi que de toute la cour de Louis IX, suite au décès de Louis le Gros : en visite à Vincennes, le Comte d’Artois lui fit jeter un fromage frais au visage... Les relations entre la riche et puissante province de Champagne et la France restèrent à l'état de soumission mesurée mais intréssée et de respect mutuel. Rebuté par la France, il se retira en Navarre, songeant à se venger. Il maria sa fille Blanche à Jean, fils du Duc de Bretagne, puis se ligua avec lui contre le royaume.

A nouveau, une démonstration armée du roi et un courrier de Blanche de Castille suffirent à sa capitulation. Il répondit d’une lettre enflammée, ne cachant pas son amour pour la reine. Sa passion amoureuse pour Blanche de Castille lui inspira chansons et poésies qu’il faisait peindre sur les murs de ses palais de Troyes et de Provins. Ceci lui valut le qualificatif de Chansonnier.

Cependant en 1239, au Mont-Aimé, près de Vertus, Thibault fit exécuter 183 hérétiques Albigeois en un seul jour, il assista ainsi que de nombreux évêques, prélats et abbés, à la crémation. Il partit, la même année pour la sixième croisade, quitta l’Orient après quelques mois ayant négocié quelques alliances et contribué aux réparations de quelques places fortes.

De retour en 1240, il rapporta la rose de Damas, qui deviendra Rose de Provins, ainsi qu’un morceau de la Vraie Croix. 

En 1248, après la vision d’une clarté divine et lumineuse sur la colline face à son palais de Provins, il fonda le Monastère des Dames Cordelières.Il mourut en Navarre, à Pampelune, en 1253. La Champagne et la Navarre furent alors gouvernées par son épouse Marguerite, à la place de leur fils Thibault qui n’avait que 15 ans. Elle le fit couronner et le maria à Isabelle, fille de Louis IX, afin de céler la réconcilation. Les noces eurent lieu à Melun en 1257. Ce portrait d'origine espagnole représente Thibault avant son départ pour les croisades.

D'après: Histoire de Provins / Félix Bourquelot. - Provins: Lebeau; Paris: Précieux (etc.) 1839.

Source : http://fete-moisson-provins.org/thibault.aspx

Histoire de la ville de Provins 5

Les templiers à Provins


L'ordre du Temple fut fondé vers 1119 par deux chevaliers dont un, Hugues de Payns était Champenois. Ils avaient deux objectifs: combattre l'infidèle et protéger les pélerins de Palestine sur les chemins qui menaient au Saint Sépulcre. La Champagne favorisa largement l'établissement des pauvres Chevaliers du Temple, en Occident.

Les premières propriétés de l'Ordre furent fondées par les évêques champenois, soutenus financièrement par les nobles de la province, en la Chatellenie de Sézanne et en la Baillie de Provins. La rédaction du texte de la règle de l'Ordre du Temple fut confiée à Saint Bernard, abbé de Clairvaux. Le sceau du Temple représente deux cavaliers sur un cheval : l'interprétation courante est le symbole de la pauvreté de l'Ordre (un cheval pour deux) et de l'union spirituelle de ses deux premiers membres ( Hugues de Payns et Godefroi de Saint Omer). Seigneurs, bourgeois, roturiers, vilains vinrent, parfois malgré leur manque de préparation militaire, s'offrir à l'idéal religieux de l'Ordre du Temple. On décida alors que certains exploiteraient les propriétés de l'Ordre pendant que les autres serviraient les Chevaliers à la guerre.

Après 7 ou 8 ans, les biens de l'Ordre du Temple s'étendirent prodigieusement : les donations reçues de l'aristocratie et de l'épiscopat n'étaient pas des terres incultes, mais des chateaux, des fiefs, des bourgades avec leurs dépendances ainsi que les personnes qui y travaillaient, puis des dîmes furent cédées. Provins, ville opulente et populeuse, résidence favorite des Comtes de Champagne attira les Templiers : à la fin du XII° siècle, l'Ordre du Temple avait deux maisons à Provins, le Val de Provins appelé plus tard l'Hôpital à Fontaine-Riante et la Madeleine, située en Ville-haute prés de la Porte de Jouy. 

La commanderie du Val était située dans un parc de verdure agrémenté de sources vives, au pied du coteau de Fontaine-Riante. Une habitation principale construite en pierre cotoyait des bâtiments qui servaient de halles ou entrepôts. On y bâtit une chapelle, contigüe au cimetière, placée sous l'invocation de Saint Jean. Se succédaient des cours intérieures, des jardins, des sources qui alimentaient une fontaine aujourd'hui appelée Fontaine des Templiers et une terre labourable. On ignore à quelle date la Madeleine fut fondée. C'était à l'origine une maison fortifiée. Deux belles salles voûtées ogivales y subsistent, ainsi que la tourelle d'angle construite vraisemblablement à la même époque que les fortifications proches (XII° - XIII° siècles). 

Les bestiaux ainsi que les laines se vendant à proximité, dans le Cours aux bêtes, on avait établi dans cette maison située dans le bourg neuf, le poids des laines pour la Ville-haute. Moins ancienne que les précédentes, la Maison du Temple devant l' église Sainte Croix a une histoire encore plus obscure. Sa donation à l'Ordre date de 1193, en 1300, on l'appelle " le Temple " sans précision. On y avait installé un bureau de pesage des laines en Ville-basse. Ces trois Maisons établissaient solidement l'Ordre à Provins. Jusqu'en 1225, les donations affluèrent puis se ralentirent. Les pauvres Chevaliers du Christ devinrent un Ordre puissant et estimé, mais riche et jalousé. Thibault le Chansonnier contesta la légitimité de certaines de leurs possessions en Champagne et en Brie. 

En 1228, ce Comte fit saisir les biens en cause. Les Templiers résistèrent en soumettant l'affaire au Saint-siège qui arbitra le différend au profit de Thibault : les Chevaliers devront obtenir son consentement pour valider chaque nouvelle acquisition. Cet accord ne fut suivi d'aucun effet, la reine régente cloturera cette affaire en 1255. La Commanderie de Provins ainsi désignée en 1205, était constituée des couvents du Val et de la Madeleine. L'administration en fut réduite à l'indispensable, seul un Commandeur appelé " Maître " gérait l'intégralité du domaine et des finances. Les religieux placés sous ses ordres étaient peu nombreux. Les documents mentionnent un aumonier ou infirmier, un maréchal, un receveur du tonlieu de la ville, un économe qui avait la garde des clefs et assurait la surveillance du personnel domestique ainsi qu'un frère employé à la vente des vins (ce fut apparament leur spécialité commerciale). Ces religieux ne pouvaient porter les robes et les manteaux blancs réservés aux frères combattant, mais leur costume était d'étoffe noire ou brune. 

Le patrimoine des Templiers de Provins était très divers : terres, maisons, bois, serfs, dîmes, moulins, rentes, droits et franchises. Le domaine de la Commanderie se composait de terres au nord et au sud de Provins, champs cultivés, vignes, près: sur la paroisse de Savigny, à Gimbrois, au Plessis-poil-de-chien, à Saint Martin des Champs, à Rouilly, à Fleigny, à Saint Brice, au Clos Platel, à Poigny, à Hennepont, à Soudun, à Léchelle, à Villegruis, Melz sur Seine, ainsi que de bois pour le chauffage et la batisse dans les forêts de Jouy le Châtel et Soudun.A Provins, elle était propriétaire : rue Courloison, rue de Jouy, dans le cours aux chevaux, rue Sainte Croix, près du Palais des Comtes, à Fontaine-Riante, aux Grès, rue des Marais, porte de la Chaussée Sainte Croix, près du Moulin Moucine, devant les anciens étaux des bouchers, près du Buat, à la Gatelerie, rue de Changy, Grand'rue de Provins, rue des Buzançois, en face du Four des Raines, rue aux Aulx, rue de la Bretonnerie, ces habitations étaient souvent entourées de vergers et de prairies. 

Lors des dernières années de l'Ordre, le Censier de la Commanderie mentionne plus de 70 maisons. Les plus importantes étaient le Temple en face le portail de l'église SainteCroix et la Vicomté sur la Grand'rue à l'encoingnure de la rue du Moulin de la ruelle. En Octobre 1307, sur ordre royal de Philippe le Bel envoyé secrètement aux baillis, tous les Templiers de France furent arrêtés presque le même jour. Très peu réussirent à fuir.Les religieux arrêtés à Provins furent emmenés au Château de Melun où l'on rassembla tous les Templiers de la région. Après leur arrestation, les prisonniers subirent un interrogatoire où ils découvrirent qu'ils étaient accusés de reniement du Christ, crachats sur la Croix, baisers obscènes, sodomie et adoration d'une idole. On tortura, ils avouèrent…De nombreux frères succombèrent à leurs blessures, le mensonge apportant la vie sauve. Ils furent ensuite transférés au Temple de Paris et interrogés en Novembre.

Le pape Clément V indigné par cette inquisition fit mener une enquête complémentaire. Un ample mouvement de rétractation déferla. Clément V décida d'entendre personnellement quelques témoins dociles choisis par le roi, parmi eux un Provinois : Simon Chrétien qui eut certainement la vie sauve.Malgré cela le procès et les tortures reprirent en Juillet 1308, mais les individus et l'Ordre durent être jugés distinctement. La tour du Temple de ParisPlusieurs des Templiers provinois interrogés séparément en Février 1310, déclarèrent vouloir venger l'Ordre du Temple de la calomnie. Ils furent au Jardin de l'évèché de Paris parmi les 546 Templiers qui offrirent de constituer une défense à l'Ordre : depuis leur arrestation, tous les frères étaient privés de sacrements, dépossédés de l'habit religieux et de leurs biens et mettent à jour l'immoralité des moyens employés pour obtenir des aveux.

Sous l'influence du roi, un concile provincial fut convoqué à Paris. Il décida que toute rétractation serait considérée comme un cas plus grave que la protestation d'innocence et conduirait à la peine du feu. En Mai, le concile condamna au bûcher 54 Templiers s'étant rétractés. La plupart des frères qui s'étaient offerts à plaider la cause de l'Ordre abandonnèrent. La défense anéantie, un rapport défavorable aux Templiers fut tranmis au Concile de Vienne. Celui-ci refusa de condamner un Ordre dont il n'avait pas entendu la défense. Calomnié, cet ordre religieux ne pouvait plus, désormais, servir la cause de l'Eglise sans scandale. Le Pape le supprima alors de sa propre autorité, conciliant les droits de la justice qui ne cédait pas et les exigences de Philippe le Bel, en 1312. La majorité des biens fut attribuée l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem et non au roi de France, comme celui-ci l'aurait souhaité. Aucun document ne renseigne sur le sort subit par les derniers Templiers provinois.

D'après :Histoire et cartulaire des templiers de Provins / Victor Carrière.- Marseille : Laffite reprints, 1978.

Source : http://fete-moisson-provins.org/templiers.aspx

Histoire de la ville de Provins 4

Les foires de Champagne

En 1175, les nouvelles dispositions prises par la charte de franchise d'Henri le Libéral (garantissant les libertés des citoyens) attirent une population importante à Provins. L'activité économique connaît alors un essor important en Champagne.




Les foires de Provins, Troyes et Lagny deviennent des lieux de passage et d'échange de nombreux marchands européens: Flamands, Lombards, Catalans, etc..., et même orientaux...  

Lors de leurs voyages vers la Champagne, ainsi qu'à leur départ, ces riches marchands sont protégés avec leurs chargements par la garde du Comte grâce au "conduit des foires". Ces rencontres commerciales ont lieu 3 fois par an, en mai, juin, et septembre pendant 2 à 3 semaines. On compte alors, à Provins plus de 3000 artisans regroupés par rues ou par quartier. Provins est célèbre pour son industrie drapière: un drap de laine noir appelé "ners ou nerf de Provins. La cité a sa monnaie: le denier Provinois, mais aussi son aune, son poids et sa mesure pour le grain. Les banquiers et les changeurs ont une place privilégiée lors des transactions. C'est lors de ces foires que vont se développer les moyens de paiement modernes. 


Source : http://fete-moisson-provins.org/foires_champagne.aspx

Histoire de la ville de Provins 3

Du moyen-âge au XX

La guerre de cent ans ne fit qu’amplifier le désordre et la pauvreté, des bandes armées chassant les populations terrifiées, ne laissant que ruines et décombres. Provins passa tour à tour au pouvoir des Bourguignons, des Français et des Anglais, sans compter les pestes et famines qui frappèrent au cours des années 1324, 1348, 1391, 1400, 1412, 1418 et 1421.


Lors des guerres de religion, Provins fut assiégé par Henri IV en août 1592, la ville résista treize jours mais se rendit. 
Au XVII siècle, une suite de désastreuses inondations ruinèrent à nouveau la ville et ses habitants, en 1611, 1622, 1637…Si lors de la Révolution, la ville de Provins ne connut pas les excès qui ensanglantèrent Paris, elle fut néanmoins sollicitée en été 1789 par la capitale pour ses greniers abondamment remplis. Les édifices religieux subirent des dégradations et des mutilations de statues.

Lors du jugement de Louis XVI, le député de Provins à la Convention, Christophe Opoix vota la détention et l’exil du Roi. 

En 1815 Napoléon pensa faire de Provins une place forte protégeant Paris, si le projet n’aboutit pas, plusieurs kilomètres de remparts de la ville basse disparaîtront au profit d’une caserne le quartier Delort.En 1821, l’Hôtel de Ville d’époque Renaissance abritant aussi la bibliothèque connut un incendie qui détruisit un grand nombre de manuscrits précieux.En 1870, la ville sera éprouvée par les réquisitions dues à la guerre contre les Allemands et en 1914, la bataille de la Marne repoussa l’avancée de l’armée allemande hors des environs de Provins.



Source : http://fete-moisson-provins.org/moyen_age_XX.aspx

Histoire de la ville de Provins 2

Le moyen-âge

De 1019 à1284, sous les Comtes de Champagne, Provins va connaître sa plus grande prospérité. Ceux ci fondèrent des établissements religieux qu’ils dotèrent richement, on comptait plus d’une vingtaine d’églises, chapelles, couvents et institutions hospitalières. Ils encouragèrent la création de manufactures de draps, de cuirs et de coutellerie qui acquirent une grande réputation et créèrent des foires qui devinrent célèbres dans toute l’Europe : les foires de Champagne. 

Ces foires étaient au nombre de trois par an et duraient plusieurs semaines : la foire de Saint Martin en Novembre, la foire de Saint Ayoul en Septembre, la foire de Mai vers l’Ascension. Un grand nombre de banquiers européens établirent à Provins des comptoirs et les Comtes de Champagne firent frapper une monnaie provinoise qui eut court en Europe pendant tout le moyen age.

Au douzième siècle, la ville fut ceinte de fortes murailles protégeant aussi une cour brillante recevant des poètes et des intellectuels parfois persécutés.

Prenant part à une croisade Thibaut dit le Chansonnier rapporta une rose rouge " Rosa Gallica " dite aujourd’hui rose de Provins.



Dès la fin du XIII siècle, les temps prospères touchèrent à leur fin. Le dernier comte Robert III dit le Gros établit des taxes que la population industrielle trouva trop lourdes et inéquitables. Des révoltes éclatèrent à plusieurs reprises, la plus terrible fut celle de l’hiver 1279. Le maire Guillaume de Pentecoste prolongea la journée de travail d’une heure. Les ouvriers se soulevèrent prenant les armes, massacrèrent le maire et saccagèrent les maisons des échevins.Le roi de France, tuteur de la jeune princesse orpheline Jeanne de Navarre future épouse de Philippe le Bel (mariage qui rattacha le Comté de Champagne au royaume de France), envoya ces officiers pour rétablir l’ordre et ôta à la ville tous ses privilèges.





Provins ne retrouvera jamais son importance et ses activités passées. Ses foires furent petit à petit désertées, ainsi que ses ateliers si productifs auparavant. 
L’activité essentielle de la ville se portera sur l’exploitation agricole.


Source : http://fete-moisson-provins.org/moyen_age.aspx

Histoire de la ville de Provins

Les origines de la ville


Bâtie sur un éperon rocheux du plateau briard, la Ville-Haute de Provins forme un promontoire entre les vallées du Durteint et de la Voulzie. Des vestiges paléolithiques, néolithiques, mérovingiens témoignent d'une occupation humaine.


Elle dut à sa forte position naturelle de devenir un établissement militaire romain.Selon la légende, vers 271, le général Probus y séjourna et permit la culture de la vigne interdite par Domitien. Cette autorisation est-elle à l'origine du nom de Provins? "Vignes de Probus" ? (Probi Vinum). En 485, alors que le général romain Syagrius commande le Castrum, Clovis venant de remporter la victoire de Soissons, s'empare de Provins.Les premiers textes authentiques (vers 802) nous apprennent que Provins était déjà une cité importante, puisque Charlemagne y envoie ses "Missi Dominici". Peu de temps après la ville bat sa propre monnaie.Le démembrement de l'empire carolingien détache Provins de la couronne de France et place la ville sous la domination des Comtes de Vermandois (936-1019).

En 996, dans le marais boisé s'étendant au pied de la Ville-Haute, près d'une chapelle dédiée à Saint-Médard, un miracle eut lieu. Il permit de découvrir des reliques de Saint-Ayoul, abbé de Lérins que des moines de Saint-Benoit fuyant les Normands avaient enfouies là.Cette découverte est à l'origine de la construction d'un monastère et d'une église dédiée à Saint-Ayoul, puis du déboisement et de la naissance de la Ville-Basse. 




Source : http://fete-moisson-provins.org/origines_ville.aspx